Publié par : handistarts | 4 novembre 2011

El Circo del Mundo et Circo Social del Sur, deux membres du réseau « L’art pour le changement social » (Santiago et Buenos Aires)

imageSi le premier dispose déjà de son chapiteau dans la banlieue de Santiago, le second, lui, attend toujours de trouver un terrain pour planter le sien… Qu’à cela ne tienne, car la magie du cirque a déjà transfiguré l’ancien entrepôt où les jeunes viennent s’entrainer à jongler, faire du trapèze et des acrobaties. El Circo del Mundo et Circo Social del Sur, sont deux organisations aux destins parallèles animées par un même but : faire du cirque un instrument de changement social.

Entrée en piste

El Circo del Mundo est né en 1995 d’une idée du Cirque du Soleil et de Jeunesse du Monde, qui voulaient former des jeunes chiliens à développer des interventions sociales à travers des techniques de cirque. L’organisation Circo Social del Sur, elle, est issue de la passion de sa directrice, Mariana Rufolo, pour son travail de terrain dans des quartiers défavorisés de Buenos Aires. « Notre origine est celle d’un cirque social travaillant dans les quartiers, sur le terrain. Encore aujourd’hui, nous y allons deux fois par semaine pour donner des ateliers de cirque.  Nous travaillons en partenariat avec des organisations sociales dans des quartiers sensibles. On fait d’abord des interventions, quelques petits spectacles, ça donne envie aux enfants de venir aux ateliers. Les formateurs sont d’anciens élèves, ça motive vraiment les enfants de voir des modèles de réussite, des exemples de jeunes qui sont parvenus à sortir du quartier.»

clip_image002Le cirque comme outil pédagogique et instrument de changement social

« Dans les quartiers où nous travaillons, nous explique Mariana, il y a peu d’opportunités et beaucoup de discrimination et de violence. Le risque est réel que les jeunes choisissent un mauvais chemin… C’est donc positif de leur trouver une occupation saine, des défis, des objectifs. »

« Au départ, nous travaillions avec des enfants, ajoute-t-elle, mais aujourd’hui, notre public principal sont les adolescents, nous avons donc dû adapter notre manière de travailler. Les jeunes ados ont davantage de nécessités, mais peuvent aussi prendre plus de responsabilités. C’est un moment clé dans leur développement et leur éducation. Le cirque est un outil génial car il comporte de nombreux éléments : il est à la fois ludique, physique, artistique, expressif, créatif. Il peut convenir à chacun, car il est composé d’une grande variété de disciplines.»

A Santiago comme à Buenos Aires, les enfants et jeunes qui participent aux ateliers sur le terrain bénéficient d’un soutien scolaire, et le fruit de leur travail est présenté en fin d’année. « En fin d’année, nous organisons un grand spectacle avec tous les enfants qui ont participé aux ateliers de terrain, nous explique Carolina Osses Porras. C’est positif pour eux de voir le soutien de leurs familles, leurs amis, et de la communauté en général. L’esprit du cirque c’est ça, réunir tout le monde autour de la magie d’un spectacle !  Les jeunes réalisent ainsi ce qu’ils voudraient faire de leur vie, ça leur donne des ambitions. Mais attention, nous respectons beaucoup leur intégrité, il est hors de question pour nous de les présenter sous un jour de pitié. »

Un des objectifs de ces ateliers de terrain est bien évidemment que les jeunes prennent gout à une discipline circassienne et poursuivent leur formation dans ce domaine. Suite aux ateliers de terrain, l’équipe Del Circo del Mundo incite les jeunes à entrer dans la mini-compania, où ils peuvent améliorer leurs compétences techniques et artistiques. Le contrat étant qu’ils doivent continuer à aller à l’école en parallèle et y obtenir des résultats corrects. Même principe chez Circo Social del Sur, les jeunes qui le souhaitent peuvent suivre une formation avancée en cirque afin d’intégrer la compagnie ou de devenir à leur tour formateurs.

Diversifier les activités pour être soutenable

A côté du volet spécifiquement social de leurs activités, les deux organisations ont développé un programme éducatif et un secteur d’extension et de production de spectacles afin de générer des revenus indispensables au fonctionnement de l’organisation.

El Circo del Mundo a ouvert il y a quelques années une école de cirque dont le but est d’offrir une formation professionnalisante en cirque. « Notre première mission fut de convaincre que le cirque peut être une profession, car les gens associent souvent le cirque aux jeunes qui font de la jonglerie dans la rue pour gagner quelques pièces… nous explique Carolina Osses Porras. Nous ne cherchons pas uniquement à former des artistes, mais aussi des futurs professeurs et moniteurs. Certains élèves de l’école sont issus de notre programme social et étudient grâce à des bourses qui couvrent 100% de leurs frais scolaires. Ces études sont constituées de trois modules: les techniques de cirque, les branches complémentaires (théâtre, danse, histoire de l’art, maquillage) et le cirque social (méthodologie, psychologie, gestion culturelle)»

« L’histoire de l’art est un cours important dans leur formation, précise-t-elle, car c’est important pour développer leur esthétique. Le cirque n’est pas seulement physique et technique… c’est avant tout un langage. Ici, nous essayons de créer des liens entre le cirque traditionnel et le cirque nouveau. Le cirque est très lié à la culture chilienne, et nous devons trouver notre propre langage, sans copier ce qui se passe en Europe. Nous enseignons à nos élèves qu’ils doivent mettre en valeur leur culture, le côté très passionnel, coloré et extériorisé de la culture latino, plutôt que l’épuration extrême qui est à la mode dans le cirque nouveau européen. Aujourd’hui, beaucoup de spectacles se basent sur des techniques, de la technologie, or ce ne sont pas les éléments principaux du cirque, qui cherche avant tout à toucher les émotions des spectateurs, à les impressionner, à leur donner un côté magique.»

« Se professionnaliser en cirque demande un très grand investissement, beaucoup de travail et une bonne hygiène de vie, ajoute-t-elle. Pour nous, le processus personnel par lequel passent les jeunes est très important.»

A Buenos Aires , le local de Circo Social del Sur se transforme tous les samedis en grand centre culturel où une centaine de jeunes viennent participer à des ateliers de cirque, bien sûr, mais aussi de danse, de théâtre ou encore de photo. Une bonne manière d’initier les jeunes à différentes disciplines artistiques !

Et pour la suite…clip_image004

« Dans le futur, nous aimerions ouvrir nos activités à des jeunes en situation de handicap, nous explique Carolina Osses Porras. Nous avons déjà eu plusieurs expériences de ce type et c’était très chouette de voir la flexibilité de nos étudiants face à ce défi. Après 2 mois, ils étaient capables de se débrouiller en langue des signes ! Un autre champ intéressant à investiguer serait celui des seniors, nous aimerions introduire des techniques de cirque dans un travail de réhabilitation sociale basé sur des groupes d’âges variés. Il faut que les personnes âgées puissent être intégrées dans la société, pas seulement avec d’autres vieux… »

Du côté de Circo Social del Sur, l’accent va être mis sur la partie artistique du travail, car jusqu’à présent l’organisation a surtout renforcé le pan social de son travail, et aimerait aujourd’hui développer un répertoire de spectacles.

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