Publié par : handistarts | 14 août 2011

Rencontre avec Javier Mendoza, directeur de l’EIFODEC: Escuela de Integracion deportiva, expresion corporal artística y entrenamiento laboral (Cochabamba, Bolivie)

Monsieur Mendoza, pouvez-vous nous expliquer comment est née l’EIFODEC ?

L’école est née en 2001, on l’a pensée comme un complément des institutions résidentielles et des écoles spéciales. Notre idée était de développer une stratégie basée sur ce que les jeunes n’avaient pas l’occasion de faire. En effet, les écoles spéciales en Bolivie sont presque exclusivement axées sur l’aspect éducatif, c’est pourquoi nous avons décidé de proposer des activités sportives et artistiques.

Selon vous, que peuvent apporter ce type d’activités à ces jeunes ?

clip_image002Le sport et l’art sont très importants pour renforcer leur autoestime, ces activités donnent de très bons résultats. Les compétences développées sont multiples : développement de capacités psychomotrices, respect d’eux-mêmes et des autres, respect des règles, travail d’équipe et solidarité, esprit d’indépendance et attitude proactive… Beaucoup de jeunes éprouvaient des difficultés à s’exprimer, à canaliser leurs émotions. Ces activités leur fournissent des ressources pour s’intégrer au sein de leurs familles et plus généralement, au sein de la communauté. Nous travaillons d’ailleurs aussi avec les familles, en organisant des ateliers, des groupes de réflexion et de parole, c’est très important de les impliquer.

En parlant de l’intégration au sein de la communauté, quelle est la situation des personnes handicapées en Bolivie ?

En Bolivie, les choses changent peu à peu en matière de handicap. Beaucoup de lois sont passées récemment, mais cela reste de belles paroles, parce qu’en pratique, peu de choses sont faites. De plus, les personnes touchées par différents types de handicap ne parlent pas assez d’une seule voix, ne font pas valoir leurs droits ensemble, ce qui est dommage, mais surtout moins efficace.

Chez EIFODEC, nous avons un travail d’incidence publique, nous cherchons à diffuser ce qu’on fait. Chaque année, nous organisons des jeux rassemblant des sportifs en situation de handicap du département de Cochabamba, et tous les deux ans, il y a aussi une édition nationale de ces jeux. Pareil pour les activités artistiques, nous programmons des rencontres avec des artistes de la communauté.

Votre action a-t-elle progressivement incité d’autres institutions à adapter leurs programmes ?

Depuis que l’école est née, il y a une dizaine d’années, plusieurs centres et écoles ont intégré des activités sportives et artistiques à leurs programmes, ce qui est une réussite pour nous, car varier les activités permet d’exploiter au maximum les capacités des jeunes et de les développer afin de favoriser leur inclusion dans la société.

Toujours dans une optique d’inclusion, nous avons rajouté en 2004 un programme d’insertion professionnelle sur la base des réflexions que nous avions eues au sein du staff. Quand nous sentons qu’un jeune est prêt, nous le faisons passer dans ce programme là, qui est plus systématique et axé sur des aptitudes de vie. Depuis son lancement, 27 jeunes ont déjà trouvé un emploi, nous sommes fiers d’avoir participé à l’élaboration de leur projet de vie!

 

Pour en savoir davantage : http://www.deportivaespecial.org/

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