Publié par : handistarts | 28 février 2011

Bouddhism and Society Development Association: des moines engagés pour améliorer la situation de la communauté locale (Kampong Cham, Cambodge)

clip_image002“Nous sommes fatigués de la guerre. Notre pays a été en proie la violence pendant si longtemps, et cela a laissé des traces à long terme. Il a fallu remettre en place des services qui avaient disparu comme pour la santé et l’éducation. Aujourd’hui, les Cambodgiens aspirent à la paix et à l’entente, et les moines du pays ont un rôle important à jouer pour faire le lien entre la population et le gouvernement, car les gens ont encore confiance en nous.” Ces mots du Vénérable Thorn Vandong, fondateur de BSDA, évoquent de tristes souvenirs de l’histoire récente du Cambodge, mais aussi un espoir pour le futur du pays, où des moines ont décidé de sortir de l’attitude purement contemplative qui est traditionnellement la leur et de participer activement à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales. A Kampong Cham, BSDA mène avec les populations les plus fragilisées un programme de développement intégré axé principalement sur la santé et l’éducation. Lors de notre visite, nous nous sommes particulièrement intéressés au volet créatif et artistique du programme d’éducation, qui forme des jeunes au tissage, aux danses traditionnelles et aux arts de la table.

Des débuts difficiles

“Traditionnellement au Cambodge, les moines restent dans leur temple pour prier et n’en sortent que pour récolter les offrandes de la population. Moi, je voulais aider concrètement les gens et j’ai dû quitter le temple un moment pour lancer mon projet, car au début, mon initiative n’était pas très appréciée… J’ai donc commencé à mener des activités d’enseignement et de sensibilisation à la sante en dehors du temple. Ensuite, les autres moines ont peu à peu accepté mes idées et j’ai pu revenir. Ce ne fut pas facile, car c’est compliqué de s’établir en tant qu’ONG, de rédiger un projet construit, d’introduire des demandes de fonds. Il a aussi fallu faire une entorse aux règles traditionnelles, qui sont réticentes à la mixité au sein des activités … Mais avec le soutien des moines du temple et de la communauté locale, le projet BSDA s’est implanté depuis 2005 au Wat Nokor et ne cesse de se développer. Aujourd’hui, le projet emploie 37 salariés et une centaine de volontaires, dont six internationaux. C’est une grande joie et une grande fierté pour nous!” nous confie le Vénérable Vandong.

Un programme de développement intégréclip_image004

Les valeurs défendues par BSDA sont d’aider les plus pauvres, de promouvoir la solidarité sociale et l’unité, de défendre la démocratie et de combattre la corruption, un réel problème au Cambodge. “Une loi anti-corruption a été votée et le gouvernement essaye de développer le pays, mais la population ne le soutient pas assez et se désintéresse souvent de la politique. Chez BSDA, nous défendons le droit à l’information des citoyens et essayons de promouvoir leur participation active à un dialogue avec les autorités locales et gouvernementales. Nous espérons progressivement rétablir la confiance qui a été perdue durant les années de guerre et de dictature.”

Le leitmotiv de BSDA est que chacun puisse développer ses potentiels au maximum, tout en respectant ses traditions et sa religion. En effet, bien qu’elle ait été initiée par des moines bouddhistes, l’ONG veille dans tous ses projets à respecter la multiculturalité et les convictions de chacun.

Le programme de développement a été réfléchi afin que ses différentes facettes touchent l’ensemble de la communauté: l’éducation et la formation des jeunes, l’amélioration des services de santé, l’aide aux personnes les plus fragilisées (orphelins, malades du SIDA et femmes veuves entre autres), une gestion plus raisonnée et saine des ressources naturelles.

Pour BSDA, la scolarisation doit être une priorité absolue dans le pays: “On veut faire comprendre que l’école est très importante, que les élèves doivent s’impliquer dans leur formation et participer un maximum. Dans notre pays, le manque de formation et le très faible niveau de connaissances de la population est un grave problème. Souvent, les gens ne savent ni lire ni écrire, mais sont aussi sous-informés par rapport à des sujets très importants comme la santé, les drogues, ou le HIV par exemple.”

Promouvoir les arts traditionnels et former des jeunes aux arts de la cuisine et de la table

clip_image006Le programme Mekong Kampuchea Kids vise à aider des orphelins, des jeunes issus de familles très pauvres, ou encore de familles touchées par le SIDA. Ainsi, en 2009-2010, près de 200 jeunes ont bénéficié d’un soutien de BSDA, que ce soit sous forme de bourses scolaires, de cours pratiques visant à leur apprendre un métier (tissage, couture, horeca) ou encore de cours de danse traditionnelle.

Ces derniers débouchent sur des représentations quotidiennes sur la scène installée dans l’enceinte du temple. Elles attirent des touristes, mais aussi des locaux, et sont une bonne occasion de rendre la culture et les arts accessibles à tous. Le spectacle permet au public de découvrir le ballet traditionnel khmer, mais aussi des danses populaires traditionnelles. Dans l’une d’elles, des kramas, foulards à carreaux très populaires au Cambodge, étaient utilisés comme accessoires. Un sympathique clin d’oeil aux autres enfants du programme qui tissent ces foulards dans leur atelier du Smile Village, construit il y a un an près du temple!

Le Smile Village est aussi le lieu de vie et formation des jeunes qui se destinent à des métiers de l’horeca. Durant deux ans, ils y apprennent à servir à table et à cuisiner, tant des recettes khmères que des plats plus occidentaux. Ensuite, ils continuent durant une année leur formation pratique dans le restaurant Smile, appartenant à BSDA, et situé sur les rives du Mekong à Kompong Cham. Une fois leur formation terminée, l’ONG les aide à trouver un travail dans le secteur de l’horeca.

Une initiative qui pourrait devenir un modèle

Malgré sa relative jeunesse, l’ONG BSDA a pu trouver assez rapidement des aides financières (pour la plupart étrangères, entre autres USAID, EcoSolidar, des ambassades, des donations de particuliers, etc.), pour mener et développer ses activités, ce qui constitue une reconnaissance du travail accompli, mais implique aussi des responsabilités quant à la gestion de cet argent.

“Nous avons la chance d’avoir trouvé des fonds pour mener nos projets, mais, après nous être développés très vite en quelques années, le temps est venu pour nous de nous perfectionner en management. Jusqu’ici, nous travaillions avec notre coeur, mais maintenant, nous voulons prendre le temps de réfléchir à notre stratégie, à nos outils d’évaluation et à comment utiliser l’argent de la manière la plus efficace possible. Pour l’année prochaine, nous gardons les mêmes projets, nous augmenterons juste le nombre de bénéficiaires. Nous commençons à être connus et des moines d’autres temples viennent visiter notre projet pour s’en inspirer. Je suis heureux de pouvoir partager notre expérience! nous confie le Vénérable Thorn Vandong ”

Et il espère bien que le projet pilote qu’il a lancé à Kompong Cham fera des émules!

Pour en savoir davantage: http://www.bsda-cambodia.org/

Pour voir l’album photo correspondant, cliquer sur ce lien

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