Publié par : handistarts | 23 novembre 2010

CENTRE AMALIPE (Veliko Tarnovo, Bulgarie)

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« Les récentes expulsions de Roms en France ont dans un sens facilité le travail de notre ONG, car elles ont attiré l’attention de l’opinion publique sur la situation de ces communautés. Malheureusement, c’est encore une fois une image négative qui en a été donnée, car on a traité comme des criminels des personnes qui n’en sont pas… » Ces mots de Deyan Kolev, directeur de l’ONG AMALIPE, montrent bien l’actualité de cette problématique. Il y a encore du chemin à parcourir pour améliorer l’intégration des communautés roms en Europe, et particulièrement dans des pays comme la Bulgarie et la Roumanie, où elles sont les plus nombreuses. L’ONG AMALIPE a décidé de prendre le problème à la base. En mettant l’accent sur l’éducation et la formation des jeunes de ces communautés et en promouvant leur culture, elle espère peu à peu sortir celles-ci des conditions de vie précaires et de la marginalisation qui les caractérisent.

Cette ONG, qui existe depuis 2002, se bat au quotidien pour améliorer la situation précaire des Roms en Bulgarie, et ce à différents niveaux. D’une part, l’équipe travaille sur le terrain pour améliorer les conditions de vie de tous les membres des communautés : accès aux soins de santé, scolarisation, égalité hommes-femmes, etc. D’autre part, elle organise des campagnes de sensibilisation du public et fait pression sur le politique pour défendre leurs droits et favoriser leur implication dans les prises de décisions qui les concernent.

« Même si l’intégration se fait lentement car les politiques sont souvent peu efficaces, le processus de modernisation des communautés est bien en cours, ce qui est positif, nous confie Deyan Kolev. L’intégration ne peut pas être obtenue seulement par des efforts de l’extérieur, les communautés elles-mêmes doivent s’organiser et participer à ce processus. »

Mais attention, pour les membres d’AMALIPE, « intégration » ne rime pas avec « assimilation » ! C’est pourquoi l’ONG tente de préserver les spécificités et la complexité de la culture rom tout en la faisant vivre et évoluer. « Les gens pensent souvent que les Roms sont juste bons à jouer de la trompette et du violon… C’est faux et réducteur ! La culture rom est bien plus que ça ! »

L’école, élément clé du changement

Pour l’ONG, l’école est le lieu clé de l’intégration, d’abord parce qu’elle est un puissant outil de promotion sociale : plus ces jeunes seront instruits, plus les communautés sortiront de leurs conditions précaires (meilleure éducation et meilleur accès à l’emploi, amélioration de l’hygiène de vie, etc.). De plus, l’école est aussi un lieu de rencontre privilégié entre les enfants issus de différentes cultures.

« L’école doit devenir un lieu de dialogue interethnique et interculturel, et c’est dès le plus jeune âge qu’il faut instaurer ce dialogue ! C’est pourquoi nous avons lancé depuis 2002 un projet d’introduction de cours de culture rom dans les programmes scolaires bulgares. Cela permet de préserver et faire vivre la culture rom, mais aussi de la promouvoir et de l’ouvrir à tous. Au début, beaucoup de professeurs étaient réticents, et ne croyaient pas trop à l’intérêt d’un tel programme. Nous avons travaillé avec quelques écoles pilotes de Veliko Tarnovo, et, au vu des bons résultats obtenus, le projet s’est répandu. Maintenant plus de 200 écoles y participent, et nous avons créé toute une gamme de matériel pédagogique (manuels, cds, etc.) pour ces cours et nous organisons des formations à destination des professeurs. »

Un festival annuel à Veliko Tarnovo

Dans le cadre des cours de culture rom, les classes des écoles participantes à ce programme peuvent préparer un projet artistique qu’elles présenteront au festival annuel organisé par l’ONG à Veliko Tarnovo.

« Ce festival est très chouette pour les enfants, car c’est une occasion pour eux de quitter leur village et de participer à un grand événement festif. On peut lire la fierté sur leur visage à la fin de leurs prestations, ils sont tellement contents d’être applaudis. Les professeurs dont les élèves ont participé au festival remarquent généralement que leurs performances scolaires s’améliorent. Je crois vraiment que pour motiver les jeunes et améliorer leur confiance en eux, il est important de trouver des domaines où ils se sentent gagnants… De plus, ce festival est évidemment aussi un bon moyen de sensibiliser les public à notre travail, car beaucoup de gens viennent assister aux spectacles.»

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