Publié par : handistarts | 19 septembre 2010

“Der Krieg gegen die minderwertingen” (Vienne, Autriche)

Situé dans la banlieue de Vienne, l’Hôpital psychiatrique Otto Wagner abrite une exposition interpelante, « Der Krieg gegen die minderwertingen », présentant différents aspects du lien qui a existé entre la période nazie et la problématique de la santé mentale. IMG_0851

Cet hôpital, ouvert en 1907, était à l’époque la plus grande et la plus moderne institution psychiatrique d’Europe. Ses  occupants souffraient toujours d’exclusion sociale et d’enfermement, mais ils vivaient dans un cadre assez agréable et dans de relativement bonnes conditions, du moins avant la période de restrictions de la Première Guerre mondiale, durant laquelle 2800 patients moururent.

Une vingtaine d’années plus tard, cet hôpital vécut sa période la plus sombre, car les patients qui s’y trouvaient subirent de plein fouet la folie d’épuration raciale prônée par le régime nazi et furent les victime du tristement célèbre programme « Aktion T4 »

Celui-ci trouvait son origine dans les théories d’hygiène raciale développées par l’idéologie nationale-socialiste, qui préconisaient la destruction de la vie « sans valeur ». Même si le terme « euthanasie » était employé, il s’agissait plutôt d’exécutions planifiées et systématiques de différents types de personnes (malades héréditaires, malades mentaux, personnes handicapées, personnes socialement ou racialement non-souhaitées) dans le but d’ « assainir » le peuple allemand.

3.1 "This is your burden too"Dès 1933, des stérilisations de masse furent pratiquées sur des patients souffrant de maladies mentales et nerveuses, mais aussi de handicaps mentaux et physiques. Avec le début de la guerre en 1939, le régime fit un pas de plus vers la barbarie en passant de la stérilisation à l’élimination pure et simple de ces personnes… invocant comme raison non seulement les lois de pureté raciales, mais également le fait que ces personnes étaient des « boulets » qu’il fallait nourrir et soigner en temps de guerre, alors que ces ressources auraient pu servir à autre chose. Les affiches de propagande illustrant des arguments du genre « un malade mental coute autant par jour, et, contrairement aux bons travailleurs allemands, ne rapporte rien à la société» font froid dans le dos…

Le régime nazi ordonna donc une « mort miséricordieuse » pour toutes ces personnes, mort qui soi-disant profiterait à la société entière. Ce programme d’euthanasie a couté la vie à plus de 100 000 personnes durant la guerre, dont 7500 patients du Steinhof à Vienne.

Traduction de l’ordre d’Hitler: 8.4 Hitler's authorization for "euthanasia"

« Adolf Hitler, Berlin – le 1er septembre 1939-

Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés, sous leur responsabilité, d’étendre les attributions de certains médecins à désigner nominativement ceux qui pourront accorder une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon une appréciation aussi rigoureuse que possible.

Adolf Hitler. » (cité dans Eugen Kogon/Hermann Langbein/Adalbert Rückerl – Les chambres à gaz, secret d’État – Seuil, 1987, p. 28).

Pour en savoir davantage: http://www.gedenkstaettesteinhof.at/en/index.shtml

Infos pratiques:

Pour arriver à l’hôpital, prendre le bus 48 A en direction de Baumhöhe jusqu’à l’avant dernier arrêt.

Attention, si vous ne comprenez pas un mot d’allemand, il faudra vous contenter de regarder les images, car rien n’est traduit dans l’expo (par contre, le site internet l’est)

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